Pre Coupe du monde Mexique

Manche 1

La piste qui monte au décollage me crache sa poussière au visage. La terre du Mexique voudra t’elle de moi après 7 ans en dehors des circuits de compétition ? Le voyage m’a épuisé. Mes vieux instruments sont morts et je ne connais pas encore ni ma sellette ni ma voile. La seule chose familière ici c’est le ciel alors je décolle tôt. Chaque minute passée en l’air me reconnecte avec cet élément et me rassure. Je renouvellerai ce rituel comme une ablution tous les jours.
Un par un les pilotes me rejoignent. A plus de 3000m la pression monte. Les voiles viennent se frôler, les pilotes s’observent jusque au coup de feu virtuel. Les Mexicains ont le sang chaud et attaquent. Il faut profiter du groupe pour se replacer dans le cœur du thermique et sur les meilleurs lignes. A mi- course, le groupe de tête vient de tourner la dernière balise en plaine et retourne au relief pour avaler les 30 derniers kilomètres. Je choisis ce point pour tenter ma chance sur la ligne la plus directe vers le Goal. Quelques minutes plus tard je me retrouve bas et seul ,maudissant mon optimisme. Une poignée de pilotes me rejoignent et m’aident à ressortir des rives du lac où je m’étais égaré. Notre échappée est maintenant lancée, les kilomètres défilent à nouveau et nous finissons par traverser cette plaine en coiffant le reste de la compétition avant l’arrivée au Goal ! Je suis 4ème et très content.

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Manche 2

Le start vient d’ouvrir. Sur la droite un thermique explosif attire le groupe de tête. Mais cette fois ce sont les français qui dégainent les premiers. J’écrase l’accélérateur en restant sur la ligne la plus directe avec l’ami Denis Chouraqui. Un skud fini par me coller au plafond et 3 ou 4 km devant le reste de la meute. J’exulte, mais la situation n’est pas si confortable car je dois maintenant voler seul et le goal est encore loin. Je joue le rôle du gibier (de potence) qui court devant la meute ! De thermiques en transitions, je m’applique à rester haut sans prendre trop de risques. Aidé par quelques années de vol bivouac et gros cross solitaires, je parviens à tracer ma route jusqu’au goal avant que le groupe de chasse ne m’attrape. Cette fois le renard a gagné et je me retrouve 1er aussi au général. Aujourd’hui Chol is back !!

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Manche 3

Encore une belle journée de décembre dans la province de Jalisco. Une fois la course lancée, j’ai comme le sentiment de toujours être en retard sur mes placements. Une transition entamée un peu basse et me voilà à ratisser seul un fond de vallée. Le groupe de tête en profite pour s’échapper 1000m au-dessus. Comme un bateau qui vient de prendre une torpille, il faut cloisonner très vite pour ne pas sombrer. Je me concentre sur les oiseaux, les pollens et tous ces signes qui peuvent me remettre à flot. Lorsque j’émerge, de nombreux pilotes ont pris le large, mais ils vont m’aider à trouver la meilleure voie sur un terrain pavé de confluences. Je finis par retrouver la tête de course au moment où nous lançons la dernière transition. La brise est plus forte que prévue et finie par me faire couler dans un océan de canne à sucre à quelques encablures du goal. Un seul pilote parviendra à bon port. Je sauve ma 1ere place au général.

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Manche 4

Comme tous les matins Denis et moi descendons boire notre jus de papaye dans la rue. C’est l’occasion d’apprécier la convivialité des Mexicains et d’observer le ciel. Aujourd’hui l’air est plus froid et quelques barbules défilent très haut au-dessus du volcan. Toutes les conditions sont réunies pour lancer une belle manche de distance sur le bord de la sierra. Le début de manche est une ruée vers le nord. La stratégie est de caller le barreau le plus loin possible au fond du cocon pour rebondir de thermique en thermique. L’Enzo 3 fait merveille à la fois solide et rapide elle encaisse admirablement bien les puissants thermiques mexicains. Mes principaux adversaires dans cette compétition sont avec moi lorsque nous échangeons notre sierra pour une vaste plaine poussiéreuse. Sur cette phase, le gringo que je suis, commet l’erreur de trop s’exposer. Me voilà seul à explorer une terre stérile alors que le vent et la convection se déchaînent partout ailleurs. La suite du vol est à nouveau muy caliente. Le vent se renforce et les dusts s’élèvent maintenant à plus de 1000m du salar. Je recule sur certaines branches face au vent et commence à m’inquiéter pour le retour sur terre. Les derniers kilomètres seront avalés bien trop vite pour que je puisse rattraper la poignée de minutes perdue sur les premiers. Je ne le sais pas encore mais quand je pose le pied sur la petite piste de l’aérodrome qui nous sert de goal, je suis toujours premier au général. Je le resterai car les deux manches suivantes seront annulées. Chol is back ! Chol is content mutchas gracias mexico.

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Merci aux passagers du vent pour le matos au top !

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